Avec Le Flamant Vert

Il y a peu de temps, tu as sorti un nouveau livre (J’ai égaré la lune). Entre celui-ci et J’ai avalé un arc-en-ciel, quel est le plus réussi selon toi et pourquoi ?

C’est difficile de comparer, ils sont très différents. J’ai avalé un arc-en-ciel parlera plus aux ados tandis que J’ai égaré la lune est plutôt destiné à de jeunes adultes. Certains de ses messages implicites passeront parfois au-dessus de la tête des plus jeunes en raison d’un manque de vécu. Je ne serais pas surpris si beaucoup d’ados qui sont encore au collège ou au lycée pensent que J’ai avalé un arc-en-ciel est plus réussi et que beaucoup d’adultes pensent que J’ai égaré la lune est plus réussi. Moi, je dirais que J’ai avalé un arc-en-ciel est plus drôle et plus lumineux, mais que J’ai égaré la lune est plus profond et plus abouti.

 

Tout le long de l’histoire, une question revient. Les réponses sont plus farfelues les unes des autres en fonction des personnages. Peux-tu nous dire quels sont les trois objets que tu emmènerais sur une île déserte 

Voyons voir… le sabre de Michonne pour couper les noix et de coco et éloigner les panthères (dis pas que ça servira à rien, moi ça me rassure)… la cape d’invisibilité de Harry (au cas où le sabre marcherait pas sur les panthères)… et puis un imperméable, parce que si Koh Lanta nous a appris quelque chose, c’est que quand il pleut la nuit sur une île tropicale, on fait tout de suite moins le guignol.

 

Puce accorde un intérêt particulier à utiliser le bon mot au bon endroit. Elle passe d’une langue à une autre, fait des mélanges, des expériences. Cette passion est-elle anodine ? Pour toi, toutes langues confondues, quels sont les trois mots les plus beaux que tu connaisses ?

Non, c’est tout sauf anodin, parler plusieurs langues change ta perception du monde et la façon dont tu penses, ça éveille ton esprit à tout un tas de choses auxquelles tu n’as pas accès autrement, c’est fondamental dans la construction de ta personnalité, et Puce est très impactée par le fait que les deux langues qui flottent dans sa tête se mélangent de temps en temps.

Quant aux trois mots… si je répondais, j’irais un peu à l’encontre de ce que j’ai essayé de dire dans J’ai égaré la lune. Pour moi, la beauté des mots est contextuelle, c’est ce qu’il y a derrière qui les rend beaux, pas vraiment les mots eux-mêmes. Comme Puce l’écrit dans son blog, « Il y a des je t’aime plus blafards qu’un cadavre, et de simples oui et non qui pétillent et peuvent changer le cours d’une vie. » Vous donner un mot que je trouverais « le plus beau », ce serait comme vous donner le nom d’un mannequin magnifique et dire qu’elle est la plus belle femme que je connaisse. Elle sera peut-être belle de l’extérieur, mais si ma boulangère me fait rire et me rend heureux à chaque fois que je la vois, je la trouverai plus belle.

 

Des États-Unis au Japon, on voyage. Il paraît que Puce n’est pas la seule… Quel voyage t’a le plus marqué ? Pourquoi ? 

Le Japon ! C’était la première fois que je constatais que certaines choses que je considérais universelles comme par exemple « être amoureux » ou « s’excuser » ou « se marier » n’avaient pas le même sens pour tous les êtres humains. Ça fait un sacré choc. Et puis, c’est le pays où je me suis senti le mieux, j’ai tout de suite été très à l’aise et très heureux, et j’y suis tombé très amoureux. J’ai longtemps hésité à rester y vivre définitivement, je me pose encore la question de temps en temps… et je ne peux pas dire que j’ai ressenti ça dans beaucoup de pays.

 

Ton écriture est très fraîche et spontanée. Elle se dévore à une rapidité addictive. Est-ce que certains livres ou auteurs t’inspirent ?

Pour J’ai avalé un arc-en-ciel et J’ai égaré la lune, aucun livre ne m’a vraiment inspiré, j’ai dû lire 3 romans dans le même genre dans toute ma vie alors je ne sais pas trop ce que font les autres auteurs, la seule influence majeure que j’ai eue m’est venue du cinéma, avec L’auberge espagnole & Les poupées russes de Cédric Klapisch. C’est vraiment ce qu’il y a de plus proche de ce que j’ai fait (toutes proportions gardées évidemment, parce que à mon sens, ces films sont des chefs-d’œuvre). Puce, c’est mon Xavier 🙃

 

Grande question depuis la publication du premier tome: la zombee butine-t-elle des fleurs zombies ? 

Excellente question. Non, les fleurs zombies n’existent pas, les abeilles zombies butinent des plantes carnivores. Pour en savoir plus sur la zombee, vous pourrez lire le premier tome des Chevaliers des Gringoles qui sort le 3 mai et qui révèle deux petites choses sur cette espèce magnifique. Et voilà, boum, auto-promotion ! Manque pas d’air, le type.

 

Pour continuer avec les questions bêtes  (mais intéressantes ! ): Que penses-tu des chaussettes dépareillées ? Aiden est-elle une fervente prêtresse de ce style ? 

Quelle question… j’adore ça, évidemment ! Aiden n’en porte pas, en revanche ça arrive à Puce, par inadvertance. Elle perd souvent une chaussette en faisant la lessive, alors parfois elle doit faire avec ce qu’elle a dans son tiroir. Aiden dit que c’est mignon. Puce hausse les épaules.

 

Quand tu n’écris pas, que fais-tu ? Est-ce que tu dessines ? Si oui quel genre ? Es-tu addict aux nouvelles technologies ?

Je suis au dessin ce qu’une mouette est à la philosophie… Quant aux nouvelles technologies, ça dépend… mon Macbook est toute ma vie, mais le reste… je crois que j’étais plus heureux quand mon téléphone n’était qu’un Nokia 3310 qui faisait juste appels et textos… et je suis présent sur les réseaux sociaux pour communiquer avec mes lecteurs, mais je pense qu’ils sont l’une des pires choses qui soient arrivées à l’humanité ces dernières années (les réseaux sociaux, pas mes lecteurs 😆).

Quant à vous dire ce que je fais quand je n’écris pas… ce serait trop en dire, je crois, et puis je trouverais ça un peu narcissique… alors JOKER.

 

Tu es présent à plusieurs salons, rencontres, etc. Lorsque nous t’avons vu à Montreuil tu as ri de nos accents. Peux-tu nous raconter une anecdote sur un-e fan ?

Une lectrice m’a écrit une fois pour me demander de lui dessiner « Aiden, Capucine, Sara, Vaneck et Soupe ». Elle semblait persuadée que je le ferais, que je passerais quelques heures à dessiner mes personnages pour elle, que ça ne me dérangerait pas du tout et que ça me paraîtrait être une utilisation optimale de mon temps. Elle terminait cette requête étrange par « bisous. please. » J’ai trouvé ça très touchant.

 

Pour finir, lire ou écrire ? (😈)

Ça, c’est un peu comme demander de choisir entre inhaler et exhaler. Faut avouer, l’un sans l’autre, ça vaut pas grand-chose. Respirons des mots, tout simplement.

 

Le mot de la fin ? 

Le mot de la fin, c’est comme une porte qui s’ouvre sur l’avenir. Et moi les portes, c’est mon éducation américaine, j’aime bien les tenir ouvertes pour ceux qui arrivent derrière moi. Alors je vous tiens la porte et je vous laisse le mot de la fin, mesdemoiselles.