Avec Un Été Français

1- Mayonnaise, sauce barbecue ou ketchup ?

Pour déguster avec des frites: mayo (sans œufs, à base d’huile et de lait de soja s’il vous plaît, merci bien). Pour balancer sur le tee-shirt blanc de quelqu’un qui m’embête: ketchup (classique). Pour renifler afin de provoquer sur moi-même un effet madeleine-de-Proust et me replonger dans mes années de fac où je travaillais à McDo le soir après les cours: sauce barbecue.

 

2- Votre période de l’histoire préférée et pourquoi ?

C’est une période peut-être bien réelle ou peut-être bien utopique mentionnée dans un livre sur l’humain et la nutrition intitulé « L’homme, le singe et le paradis ». Albert Mosséri y décrit un temps précédent les hommes des cavernes durant lequel les êtres humains se nourrissaient exclusivement de fruits, de graines et de feuilles. Ils n’étaient pas touchés par les maladies d’aujourd’hui et vivaient dans la béatitude grâce à l’osmose qui les unissait à la nature. L’existence sur Terre était alors le Paradis (sauf les fois où tu te faisais dévorer par un fauve ou étouffer par un boa constricteur, évidemment).

 

3- Auriez-vous un mot à adresser à l’adolescent que vous étiez ?

Arrête de t’inquiéter pour ton acné et ton appareil dentaire, tu la fais rire et t’as des cheveux super, ça devrait passer.

 

4- Quel type d’élève étiez-vous au lycée ?

Sage, timide et bien élevé à l’extérieur, mais un peu rebelle et révolté à l’intérieur. Fou amoureux de mon amie la plus proche. Deux créoles dans le lobe de mon oreille gauche. Passionné de cinéma. Gros lecteur. Musicien le week-end. Littéraire depuis toujours, mais en série scientifique pour accéder plus facilement aux écoles de cinéma où j’envisageais d’aller. En section européenne. Un peu comme Puce, j’avais de bons copains, mais je n’étais pas un Populaire, même si j’étais pote avec certains. Obsédé par l’absurdité de la condition humaine, ma motivation pour l’école a diminué au fil du temps, j’avais du mal à lui trouver un sens. En première et en terminale surtout, j’ai été victime de la séniorite dont parle Puce : j’ai fait de moins en moins mes devoirs, j’ai eu des accrocs avec plusieurs profs pour insolence, et je suis même allé au bac sans réviser. Il était temps que ça se termine !

 

5- Un sujet qui vous met hors de vous sur lequel vous avez une opinion très arrêtée ?

Les gens qui se disent les amis des animaux parce qu’ils ont un chat ou un chien, mais qui mangent des animaux massacrés en abattoir, boivent du lait issu du viol d’une jeune vache par un inséminateur, et portent du cuir souvent fabriqué avec la peau d’animaux dépecés et démembrés alors qu’ils sont encore conscients.

Ah, on me dit que j’ai plombé l’ambiance. Oups.

 

6- Lorsque vous avez besoin de trouver l’inspiration, que faites-vous ?

Je mets des écouteurs sur mes oreilles et je vais marcher. C’est drôlement efficace, je le conseille à tout le monde ! J’ai égaré la lune a beaucoup avancé pendant que je marchais dans les rues de Tokyo la nuit. Du coup, Puce fait la même chose dans le roman.

 

7- Lisez-vous des mangas ? Si oui, lequel est votre préféré ?

Autrefois, j’en lisais beaucoup. Je possède toute la collection de Dragonball, Captain Tsubasa et Fly, qui sont mes trois préférés. Je n’ai jamais accroché à la nouvelle génération, les Naruto et autres One Piece. C’est peut-être moi qui ai vieilli ou peut-être les mangas qui sont différents aujourd’hui, je ne sais pas.

 

8- Avez-vous un roman qui a changé votre vie ou qui vous a fait réaliser beaucoup de choses sur le monde qui vous entoure ou votre personne ?

Je n’ai pas le souvenir d’un roman comme ça, mais les films L’auberge espagnole et Les poupées russes m’ont fait un peu ce que tu décris, surtout le deuxième, il m’a guéri d’un gigantesque chagrin d’amour, il m’a aidé à mieux comprendre mes sentiments et à aller de l’avant. J’en dois une à Cédric Klapisch !

 

9- Avez-vous déjà vécu en colocation comme Puce dans J’ai égaré la lune ?

Oui, bien sûr, le livre est inspiré de ma propre expérience ! J’ai habité un an dans une super grande maison à Tokyo, dans le quartier de Kamikitazawa, avec un autre Français, deux Américains, une Coréenne, une Japonaise, un Mexicain et une Canadienne. Comme dans le livre, on avait un écran géant et un piano, on faisait des dîners de famille et des soirées karaoké, il y avait un océan de chaussures devant la porte, la chef de la maison collait des post-it un peu partout pour nous rappeler des trucs (dans ma maison, c’était la Coréenne), et on avait un Fuck Detective. La différence avec le livre, c’est que dans la réalité, le Fuck Detective, c’était moi ! Tous mes colocs savaient que j’écrivais un roman, et parfois quand ils faisaient un truc bête ou marrant, on rigolait tous parce que j’annonçais que ça allait finir dans le livre.

 

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